Historique des découvertes

34 - Gargas - Photo portrait Félix Regnault publié dans BSH~1

F. Régnault photo publiée dans BSH~1

C’est au cosmographe François de Belleforest que nous devons la première description de Gargas en 1575. Cet humaniste y suspectait un lieu souterrain « où jadis nos pères idolâtres alloyent sacrifier ou à Vénus ou aux dieux infernaux ». Comme l’attestent de nombreux graffitis sur les parois, toutes les galeries de Gargas ont été fréquentées par curieux et promeneurs dès cette époque.

Au XIXe siècle, la Commune d’Aventignan met un guide à la disposition des touristes « en voyage aux Pyrénées ». Le site est une destination prisée des curistes qui fréquentent les eaux thermales de Bagnères de Luchon ou Cauterets. Parmi eux, quelques érudits que passionnent la géologie, la paléontologie ou l’archéologie.

À l’image d’Édouard Piette à Lortet, Félix Garrigou et André de Chasteigner réalisent un sondage au bas de l’entrée inférieure. Ils découvrent des vestiges d’une fréquentation humaine qu’ils attribuent à l’Age du Renne.

Par la suite, Félix Régnault reprend ces fouilles à plusieurs reprises. Il confirme l’intérêt archéologique de Gargas et fait débuter sa fréquentation par les hommes du paléolithique à l’Age de l’Ours. Aidé de plusieurs ouvriers, il vide le puits des oubliettes des squelettes d’ours et de hyènes des cavernes qui y sont morts, probablement piégés par les eaux. Plusieurs spécimens sont exposés dans les muséums d’histoire naturelle de Paris et Toulouse qui contribuent à la renommée de Gargas.

 

 

Gargas_mains_découverte © CCStlaurent photo Raymond Springinsfeld

Mains de la découverte © CCStlaurent photo R. Springinsfeld

Le 11 juin 1906, alors qu’il connaît la grotte depuis près de trente ans, Félix Régnault découvre fortuitement trois mains rouges peintes en négatif sur la paroi d’un imposant relief stalagmitique au centre de la grotte.

Il tait sa découverte, poursuit sa recherche et commence l’inventaire de ces figures inédites. Il expose ses premières observations au congrès pour l’avancement des sciences réunis à Lyon. Cette découverte suscite la curiosité de celui qui domine déjà la communauté des préhistoriens, le jeune abbé Henri Breuil.

 

 

 

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Ensemble, ils recensent près d’une centaine de mains et découvrent les premières gravures faites au doigt sur l’argile des voûtes de la Grande Salle. En raison de l’intérêt de ces découvertes, Gaston Doumergue, ministre de l’instruction publique, classe Gargas parmi les monuments historiques (9 avril 1910). Un an plus tard, l’abbé Breuil dirige l’équipe qui réalise la première fouille d’envergure au pied du talus d’entrée de Gargas I et commence le relevé des gravures pariétales découvertes dans le Camarin. Tous ces travaux ne furent publiés qu’après 1950. Entre-temps la grotte fut aménagée pour le public et reçut un grand nombre de visiteurs.

Durant les années soixante, André Leroi-Gourhan, le docteur Ali Sahly et le père Verbrugge publient chacun une étude des mains de Gargas et proposent leur interprétation des doigts incomplets. Entre 1973 et 1976, Claude Barrière, assisté des étudiants de l’Université de Toulouse, entreprend le relevé de l’ensemble des figures préhistoriques. Il les publie sous la forme d’une monographie. Elle demeure la référence pour les gravures, heureusement complété par l’étude critique et l’inventaire détaillé des mains proposés par Marc Groënen (1986-1988).

Les découvertes récentes des grottes ornées Cosquer et Chauvet conduisent les chercheurs à revoir certaines de leurs interprétations de l’art rupestre. Gargas bénéficie de ce renouveau de la discipline. Plusieurs découvertes secondaires ont pu être faites au cours des années quatre-vingt-dix : ponctuations, os fichés dans les parois, gravures et peintures. De même des analyses de pigment et des datations ont été réalisées à propos des mains qui complètent nos connaissances.

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